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 FEYNE // mighty viper

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Feyne Ravenscal

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Messages : 4
Date d'inscription : 30/04/2017
Univers : hp
Pseudo : milles rêves, élodie

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MessageSujet: FEYNE // mighty viper   Lun 1 Mai - 11:15

- go on, little bird. let your little heart yearn; let your heart explore all the pain and the burn in the forest fires and the shimmering rain. let your little heart break and succumb to the fun. for when the storm is done and the battle is won, you will always come back to me -

Blonde, comme les champs de blé qui apparaissent sur ses tableaux préférés. Blonde, comme l’or que possède sa famille. Blonde, comme le soleil qui réchauffe leur tête. Brune, comme la cendre de la cheminée. Brune, comme le tronc des arbres, au loin. Brune, comme le ciel nocturne. L’une pâle, poupée de porcelaine, princesse précieuse. L’autre mâte, danseuse aux pieds-nus, fille de feu. Si différentes, et pourtant si complices. Feyne et Alcandre, deux gamines aux cœurs pures, âmes innocentes du tragique destin qui s’abattra bientôt sur elle. Pure, mêlée. Déesse, mortelle. Reine et chevalière. Feyne et Alcandre, une âme dans deux corps.
Les deux gamines sont assises dans l’herbe, leurs robes de poupées traînant derrière elle. Les assiettes de chine décorent la nappe rouge posée dans le jardin des Greengrass. Le soleil brille, après-midi joyeuse. Les rires enfantins fusent, mélodie candide atteignant les hautes fenêtres du manoir où la matriarche Greengrass veillait attentivement sur sa princesse. Elle ne faisait pas confiance à cette sorcière de second-rang, mais n’avait pas encore de raison pour interdire à sa fille de voir sa - seule - amie. Mais, heureusement pour la famille, Feyne rentrerait bientôt à Poudlard. Et là… là elle pourra s’entourer des meilleurs partis, élite sanguine, domination suprême. Cette gamine à la peau mâte n’était qu’une distraction, un court instant, un clignement de cils dans l’espace-temps de la vie de la princesse à la chevelure d’or. « Et toi, alors? Comment elle sera ta vie, quand tu seras adulte ? » demanda, avec plein d’entrain, la jeune Alcandre. Le regard rieur, rempli de milliers d’étoiles, elle observait la fragile chose qui se tenait à ses côtés. Si la brune n’hésitait pas à danser sous la pluie et à crier à pleins poumons, la blonde était plus réservée. Bonne impression et élégance étaient ses mots d’ordres. Pas un mot plus haut que l’autre, pas un pas plus grand que l’autre. Et pourtant, son menton frôlait déjà le ciel, alors que son regard méprisait les inconnus. Parfaite petite Greengrass, princesse destinée à de grandes choses. « Quand je serai grande, je serai la femme la plus jolie qu'on ait jamais vue. » commença-t-elle, la voix confiante. Une main dans ses fils dorés, elle repoussa ses cheveux derrière ses épaules, montrant à son amie qu’elle n’était plus très loin d’obtenir ce titre. Mignonne petite princesse, il suffisait qu’elle attende quelques années avant de pouvoir faire chavirer nombre de cœurs. « Et je porterai les plus jolies robes jamais faites ! » continua-t-elle de rêver. « Tout le monde dans le monde magique connaîtra mon nom. » Un rire de la part d’Alcandre, qui écoutait admirativement les fantasmes de son amie. « Et j'épouserai le roi. » finit Feyne, sûre d’elle. Mariage royal, splendide, retentissant dans les esprits de chacun, voilà ce qu’elle voulait. Qu’on la connaisse, la reconnaisse, qu’on l’envie et la jalouse, voilà ce qu’elle désirait. Elle voulait être aussi belle que sa mère et aussi puissante que son père. La gamine se leva, tournoya devant les yeux émerveillés de la brune. Sa robe, rouge, volait au gré du vent, créant une prison de rubis entre la sorcière et le reste du monde. Elle était encore jeune, mais savait ce qu’elle voulait. Peu d’enfants pouvaient en dire autant. Et Alcandre, cette douce Alcandre, n’en faisait pas partie. Tout ce que cette gamine désirait, c’était danser, rire, et manger. Futilités, avait déclaré Feyne quand son amie s’était confiée. « Oh, mais si tu épouses le roi, tu seras la reine des moldus ! Ça sera génial, Feyne ! » Un regard noir, les rires s’arrêtèrent. Il ne fallait pas dire de telles choses, de telles atrocités. Feyne le savait, ses parents le lui avaient appris. Les moldus n’étaient que des parasites, créatures frêles, fragiles et sans aucune valeur. Pourquoi diable Feyne se ferait la peine d’en être leur reine ? « Ne sois pas ridicule, Alcandre. » la réprima-t-elle. « Je n'épouserai pas le roi moldu. J'épouserai un sorcier si puissant, si mortel que tout le monde le craindra. Il sera au-dessus de tout. Et moi-- » Un sourire, émerveillé, maléfique. « Et moi je serai sa magnifique reine. » Feyne, fière d’elle-même, se rassit aux côtés de son amie, muette. Si différentes. « Voudrais-tu du thé, ma chère ? » demanda la sorcière blonde, attrapant la fausse théière près d’elle. « J'adorerai ça. » lui répondit l’autre. Et pourtant si complices.

Les murs froids et durs se dressaient fièrement, vestiges du passé protégeant les jeunes gamins des dangers extérieurs. Et pourtant, les êtres qui se trouvaient entre ces murs pouvaient parfois se révélaient bien plus dangereux que les créatures de la forêt interdite.
Le trio des ombres arpentaient les couloirs austères, leurs uniformes verts resplendissant dans la lumière de fin d’après-midi. La gamine, qui venait de fêter son treizième anniversaire, se trouvait au milieu, fière princesse entourée de ses chevaliers. Les garçons n’étaient un miroir et son reflet, écho l’un de l’autre. Jolie Greengrass et terribles Ravenscal, alliance parfaite, trio mortel. Elle était plus vieille qu’eux de deux ans, ils étaient encore nouveaux ici. Mais elle allait les former, leur montrer l’héritage de Salazar Serpentard. Ils étaient comme elle, après tout : purs, verts, puissants. Avec ses chevaliers de l’ombre, tout s’ouvrait à la princesse vipère. On craignait le trio, sadiques gamins mettant fièrement en pratique leur héritage doré. Et si Feyne n’était pas appréciée par les faibles qui l’entouraient, elle avait enfin trouvé dans les jumeaux Ravenscal la compagnie qui lui fallait. Parfaits petits louveteaux, elle en ferait ce qu’elle désirait. Et, peut-être qu’un jour, elle leur rendrait la pareille. Une ombre sortit des ténèbres, lumière étincelante à la peau brune et à la chevelure d’ébène. Alcandre. La verte se fige, arrêté par un fantôme vêtu de bleu. Amie d’enfance, aujourd’hui lointain souvenir. L’école les a séparées, chacune envoyée dans une maison différente, chacune développant le caractère de leurs parents. Feyne, redoutable princesse. Alcandre, docile ange. Si différentes, trop différentes. Et plus autant complices qu’autrefois. Un sourire germa sur le visage coloré de l’aigle, douce innocence. « Hé, Feyne. Je vais à Pré-au-lard, tu veux venir avec moi ? » Feyne toisait celle qui fut sa tendre amie, autrefois. Elles avaient tant changé, autant l’une que l’autre. En grandissant, la blonde avait mieux saisie les idées inculquées par Gabriel et sa femme. En grandissant, elle avait compris que la brune ne méritait pas son attention, et encore moins son amitié. En grandissant, Feyne avait compris beaucoup de choses. Mais Alcandre n’était pas encore au courant. « Laisse-la, sale pigeon ! » s’écria l’un des jumeaux en direction de la sang-mêlée. Cette dernière encaissa l’attaque sans rien dire, mais son sourire disparut aussitôt. Elle ne comprenait pas, pourquoi son amie semblait si muette, si loin d’elle ? Il y a quelques années à peine, les deux jouaient encore follement dans le parc des Greengrass. Et là… voilà que Feyne ne semblait plus la reconnaitre. « Je veux juste savoir si tu veux venir. Pas besoin d'être aussi méchant. » répondit la douce colombe, les sourcils froncés, tentant de comprendre l’hostilité des deux gamins. « Tu ne comprends pas ? Elle ne veut pas te voir ! » rétorqua le second sosie, dégainant alors sa baguette. Se sentant alors menacée par le bout de bois sorti, Alcandre fit un pas en arrière. « Feyne ? » Elle leva ses pupilles obscures vers la poupée blanche qui se tenait en face d’elle, cherchant à l’atteindre. Aide-moi, fais quelque chose, tentait-elle de lui faire comprendre. Pourquoi restes-tu si muette, si interdite ? La poupée détourna le regard, brisure glacée entre le passé et l’avenir. « Je ne peux pas, je vais au match de quidditch. » finit-elle par avouer, la voix basse, traîtresse d’une amitié fanée. « Quidditch ? » s’étonna l’autre. « Mais tu détestes ce sport ! » Cri d’effroi, la gamine comprend enfin. Feyne a changé, Feyne n’est plus la même. Feyne n’est plus son amie. « Et alors ? Elle vient me voir jouer ! » fanfaronna Hector, déjà assez fier d’avoir intégré aussi jeune l’équipe de Serpentard. Alors si en plus la jolie Greengrass faisait l’effort de venir pour lui. La lumière avait disparu du visage de la basanée, le dégoût avait pris place. Abandonnée par sa meilleure amie, fille inconnue, pour un gamin arrogant à qui elle mettrait bien une gifle. « Une autre fois, alors. » souffla-t-elle, le regard toujours rivé sur la vipère qui, elle, n’osait la regarder. « Ou pas, » lui répondit sèchement Anselm. « Je te l'ai déjà dit, elle ne veut pas te voir. Ni aujourd'hui, ni une autre fois. Va-t-en, maintenant, stupide sang-mêlée ! » Il fit un pas de plus vers la Serdaigle, la baguette levée, si menaçant du haut de ses onze ans. Un dernier regard pour celle qui fut sa moitié, et Alcandre déguerpit. Les jumeaux fanfaronnèrent, lançant encore des moqueries insultantes à l’égard de la silhouette lointaine de la sorcière. Feyne, elle, regardait disparaître son amie, cette inconnue au joli sourire. Elle regarda son passé s’enfuir, écœuré par celle qu’elle était désormais fermement accrochée à son futur. Je suis désolée, Alcandre, de ne pas être désolée.

Elle se regardait dans le miroir, expression neutre, pensive. Sa robe blanche lui recouvre le corps, symbole d’innocence et de candeur, simple ironie lorsque portée par la reine. Les mains posaient sur son ventre, ses doigts suivent délicatement les courbes de sa grossesse. Six mois à peine qu’ils étaient mariés, six mois qu’elle s’apprêtait à donner la vie. Greengrass n’était plus, Ravenscal elle était devenue. Diplômée, femme et bientôt mère. Tout arrivait bien trop vite, elle n’avait pas encore vingt ans. Et Hector, Hector était encore plus jeune qu’elle. Jeunesse bien trop vite gâchée, fleur de l’âge sacrifiée. A peine sortis de l’école, voilà qu’on les mariait et leur demandait d’enfanter un héritier au majestueux nom Ravenscal. Feyne aurait aimé explorer un peu plus le monde, restait auprès de ses parents quelques années de plus. S’offrir du temps pour améliorer ses connaissances, découvrir de nouvelles choses. Mais voilà qu’elle était déjà prisonnière de ce manoir sombre et froid. Et son corps, autrefois si fin et si gracile, s’était transformé. Frêle guêpe devenue énorme baleine, voilà ce que le mariage lui avait fait, en plus de lui avoir arraché son doux nom et ses habitudes familières. Mais heureusement pour Feyne, son mari était loin d’être mauvais. Si à Poudlard elle fréquentait les deux Ravenscal, c’était d’Anselm qu’elle était la plus proche. Ami cher, confident, complice. Mais ce n’était pas lui qu’elle avait épousé, ce fut son double, le reflet parfait du brun. Hector, fier Hector, arrogant même. Hector le tout puissant. Hector lui appartenait. Et elle, elle était sienne aussi. Elle lui avait donné son doigt, son âme, son corps. Son cœur était encore libre, mais pour combien de temps ? Hector était bon avec elle, charmeur, attentionné, ferme quand il le fallait. Il la faisait sourire, prenait soin d’elle. Il était son ami, son époux. Combien de temps encore avant qu’elle ne tombe amoureuse de lui ?
Il entra dans la chambre, fier prince possesseur des lieux. Immédiatement, il vint se blottir contre elle, posant ses mains sur les siennes, sur son ventre arrondi. Son visage dans le creux du cou de la sorcière, il observait leurs reflets dans le miroir face à eux. Si jeunes, si déterminés à conquérir l’avenir. « Je ressemble à une baleine. » Un air dégoûté sur le visage, elle détestait se voir si grosse. « Sûrement pas. Tu es magnifique. » lui murmura-t-il au creux de l’oreille. Il la berça entre ses bras, ne quittant pas du regard leur réflexion. « Il me tarde d'en finir. Je ne supporte plus d'être enceinte. » souffla-t-elle. Elle savait qu’elle portait en elle plus d’un enfant. Trois, pour être plus exacte. Trois bambins qui dansaient joyeusement dans ses entrailles. Feyne était épuisée, elle désirait en finir au plus vite. Mais sa grossesse n’était pas encore fini, il lui restait encore quelques mois de souffrance avant la délivrance finale. « Imagine-nous, Feyne: nous deux, nos bébés, mon héritier. Nous serons une famille puissante ! Personne n'osera s'opposer à nous. Nous serons-- » commença-t-il, la voix rêveuse, les fantasmes pleins la tête. « Nous serons au-dessus de tous et de tout. » le compléta-t-elle, rejoignant ses rêves fous. Elle se retourna vers lui, plaqua ses mains sur les joues de son époux. Elle sourit, heureuse d’être entre les bras d’un homme comme lui. Feyne a eu de la chance, son père aurait pu lui faire pire cadeau. « Patiente encore quelques mois. Et tu seras libérée d'eux. Et la famille Ravenscal les dominera tous. » Ambition, désir, voilà ce qui caractérisait tant Hector. Des rêves d’ascension pleins la tête, un cœur assez téméraire pour les accomplir. Et comme lui, Feyne rêvait de ces choses là. Couple issu de Serpentard, enfants de Salazar. Ils partageaient les mêmes idées, les mêmes rêves. Voilà pourquoi ils seraient invincibles : parce qu’ils se ressemblaient tant. Il serait le roi qui règnerait sur tout, ombre et lumière, vie et mort. Elle serait sa reine, dangereuse créature de l’ombre qui le protégerait des coups bas et de ceux dans le dos. Ensemble, rien ne pourrait les arrêter. La même flamme dansait au fond de leurs âmes, destructrice et incandescente. Ils brûleraient tout sur leurs passages, laissant derrière eux cendres et cadavres. Feyne et Hector Ravenscal, noms craints par certains, admirés par d’autres. Ils étaient si jeunes et pourtant, ils connaissaient leur avenir : destructeur, brillant. Un baiser vint sceller leur promesse muette d’un avenir sanguin et remarquable. Baiser enflammé qui calcine les deux sorciers jusqu’aux os.

Le feu crépitait dans la cheminée, éclairant le visage de la sorcière et le livre qu’elle tenait entre ses mains. Les trois gamins, chair de sa chair, dormaient déjà à l’étage, précieux petit prince soigneusement bercée par sa mère, jolies petites princesses sur lesquelles elle veillait d’un œil. La sorcière avait retrouvé sa taille de guêpe, frêle corps brûlant d’un pouvoir cruel. Les lignes fines de l’ouvrage dansaient devant ses yeux, écriture ancestrale passée de mains en mains, léguée à la sorcière par ses aïeux. Connaissance avide, savoir impérial et, surtout, nécessaire. Dans l’espoir de devenir la meilleure sorcière, la digne femme d’Hector, Feyne se devait de parfaire ses connaissances. Alors ses journées, du matin au soir, du soir au matin, elle lisait, elle créait des potions, s’entraîner à de nouveaux sorts. Hector sortait, travaillait, vivait. Elle, elle était la princesse enfermée de son plein gré dans sa tour dans sa tour. Le choixpeau avait hésité à envoyé cette gamine, cette enfant aux pieds d’argent, chez les aigles-enfants de Rowena. Mais le cœur corrompu d’ambition de la poupée avait joué son rôle dans la balance, et ce fut finalement chez les héritiers de Salazar qu’elle trouva sa place. Mais Feyne, malgré le temps qui filait, restait encore et toujours cette figurine qui voulait savoir plus qu’on ne lui permettait. Elle voulait tout découvrir, la magie la fascinait. Elle voulait apprendre, elle voulait posséder. Elle voulait sentir la puissance couler dans ses veines, l’abreuvant de sa liqueur destructrice. Et son père lui avait autrefois donné les moyens de parvenir à ses fins, et Hector continuait de lui fournir les outils pour satisfaire son hybris.
La porte s’ouvrit, le patriarche se fit voir. Les pages de l’ouvrage claquèrent sous les doigts de la sorcière. Un sourire germa sur les lèvres de la vipère, prédateur, effrayant. Son homme était rentré, son allure princière possédait les lieux, sa présence puissante illuminait le grand salon. Hector s’approcha d’elle, toujours assise dans son fauteuil pourpre - couleur impériale - et baisa le front de sa douce. « J’ai un cadeau pour toi. » Feyne haussa les sourcils, surprise de l’attention inattendue. « Un cadeau ? » répéta-t-elle, voulant confirmer ce qu’elle avait entendu auparavant. Il lui attrapa la main et la leva à lui. Hector était fort, il était beau aussi. Des cheveux sombres, un regard tout aussi ténébreux. Une peau marquée par les rares années qu’il avait déjà vécu, un torse musclée qui se dessinait finement sous les diverses chemises qu’il revêtait. La sorcière n’eut pas le temps d’apprécier le rapprochement de leurs deux corps qui se criaient l’un à l’autre de venir l’enlacer, Hector la trainait déjà à l’autre bout du manoir. Et là, dans le hall froid, sévère de la demeure, un corps se trouvait au sol. Déjà bien trop frêle, fragilité vivante qui ne tenait plus qu’à un fil. Au premier abord, la vipère ne reconnut pas son cadeau. Et alors qu’elle se rapprochait de la prisonnière, Feyne distingua une main couleur caramel, une tignasse de cendres, un regard qui transperce l’âme. La sang-pure s’arrêta au milieu du grand hall, interdite, paralysée par le corps affaiblie de son ancienne moitié. « Elle est à toi. » lui susurra son époux au coin de l’oreille, caressant ses longs cheveux blonds, fier de sa surprise. Elle, elle ne bougeait pas. Que faisait le petit moineau dans la demeure des vilains serpents ? « Pardon ? » La vue de son ancienne amie lui rongeait déjà les entrailles, culpabilité et dégoût mêlés aux amers sentiments d’autrefois. Comment diable pouvait-elle se servir de ce cadeau inattendu ? « Tue-la. » lui répondit l’homme d’une voix posée. Interdite, Feyne n’osait regarder la prisonnière, ou même son époux. Il parlait d’une voix si ordinaire, lui ordonnait d’accomplir ce geste comme un des plus ordinaires. Il lui faisait presque peur. Mais Feyne n’était pas facilement effrayée, elle qui avait grandi dans les bras du sévère Gabriel Greengrass, qui avait survécu à sept ans chez les Serpentards et qui, désormais, dormait aux côtés d’Hector Ravenscal. Elle n’avait pas peur, la blonde, elle était forte, la princesse. Elle désirait, elle mourrait sous le poids du pouvoir qu’elle frôlait du bout des doigts. Cette puissance dont elle rêvait depuis qu’elle était gamine, elle allait l’obtenir, si ce n’était déjà fait. Elle sentit les doigts du prince se baladait le long de ses côtes, attrapant le bout de bois sous la chemise immaculée de la sorcière. D’un geste ferme, il referma les doigts de son aimée autour de la baguette, susurrant quelques derniers mots au sein de son oreille. « Tu es une Ravenscal maintenant, Feyne. Prouve-le. Tue cette saleté. » Ses yeux se fermèrent, oubliant le visage familier qui se tenait devant elle, écoutant les paroles hypnotiques qui coulaient le long de sa peau. Elle voulait le prouver, montrer qu’elle était digne de ce nom qui lui avait été offert, et de la richesse qui allait avec, et du pouvoir qui résonnait en écho. Elle était une Greengrass, princesse des fleurs, sorcière à la pureté exquise. Elle était une Ravenscal, vipère à la langue empoisonnée, lady de l’ombre. Et Alcandre, elle, elle n’était rien. Souvenir amer d’une enfance naïve, visage attaché aux bêtises infantiles. Va-nu-pieds à la peau trop caramel pour être anglaise, sang diluée dans les déchets des moldus, pureté oubliée, lointaine, pureté inexistante. Alcandre n’était qu’une gamine, elle n’était pas faite pour ce monde rempli de ténèbres. Elle était belle et innocente, Alcandre. Elle était magnifique et mortelle, Feyne. Si, autrefois, elles représentaient quelque chose l’une pour l’autre, le serpent et l’aigle ne voulaient plus entendre parler de l’autre. Feyne se rappela des années à Poudlard où, en compagnie des jumeaux Ravenscal, elle s’amusait à torturer celle qui répondaient autrefois ses rires. Torture infantile, innocente, simple blessure apporté par des mots. Quel mal ça faisait, les mots ? Ce n’étaient pas des coups, ce n’étaient pas des claques, ça ne pouvait pas faire de mal. Et la princesse aux crins ambrés avait oublié toute forme d’amitié envers ce pigeon qui lui faisait de l’ombre. Dégoût, haine. Voilà ce qui remplissait le cœur de Feyne à l’égard d’Alcandre. Ténèbres et noirceur, voilà ce qu’était devenue l’amie d’autrefois. Alcandre n’était qu’une moins que rien, une sang-mêlée. Elle ne méritait pas d’avoir fréquentée les purs aussi longtemps. Elle ne méritait pas d’avoir été l’amie si précieuse de la princesse des ronces. Elle ne méritait tout simplement pas de vivre. Ouvrant ses paupières, son regard glacial se posa sur le corps déjà affaiblie de l’invitée. Le sang de Feyne bouillait, écarlate fusion nourrit par l’agressivité et l’aversion. Elle sourit, abominable prédatrice devant sa proie. Elle pointa la fine baguette sur le front de l’autre. Celle-ci, téméraire, ou bien stupide, répondit au regard de son hôte. « Félicitations, votre Majesté. Vous avez trouvé votre roi. » Voix sèche, provocatrice. Derniers mots gâchés en une attitude audacieuse, idiote. La haine qui emplissait déjà la reine redoubla et, dans un cri qui réveilla le manoir entier, elle mit fin aux jours de l’inconnue.
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Feyne Ravenscal

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MessageSujet: Re: FEYNE // mighty viper   Lun 1 Mai - 11:22

- her eyes and words are so icy, oh but she burns like rum on a fire, hot and fast and angry as she can be. the way she tells me i'm hers and she is mine, open hand or closed fist would be fine. the blood is rare and sweet as cherry wine -



La sueur coulait le long du front pâle de la sorcière. Derrière elle, le regard dur, un homme bien plus âgé, respirant la sévérité et la sagesse que ses années passées pouvaient lui apporter. Son père la toisait de tout son être, alors que sa princesse souffrait visiblement. « Recommence » aboya-t-il. Il n’était pas froid, il ne gueulait pas non plus. Il était simplement lui, Gabriel Greengrass, grand sorcier de son état. Et il voulait le meilleur pour sa fille. Il avait déjà réussi à la marier à un des gamins Ravenscal et, Merlin l’avait voulu, elle lui avait donné trois enfants - dont un héritier qui assurerait la survie du nom. Il l’avait façonnée aussi belle que sa mère, blondeur maternelle, traits fins exquis. Il l’avait rendu intelligente et lui avait fourni un amour pour les livres et les savoirs anciens. Tout ce que Feyne était, tout ce qu’elle possédait, c’était à son père qu’elle le devait. En tant que fille, elle ne recevrait rien de lui. Pas de nom à continuer, pas de manoir à entretenir. Alors Gabriel se devait de donner un peu de chance à sa fille afin de survivre dans le cruel monde où il l’envoyait. Il s’approcha d’elle, posa les deux poings sur la table. Elle dévia le regard. Elle était faible, elle était fatiguée. Elle ne voulait pas se montrer comme ça, même devant son père. Surtout devant son père. A ses yeux, elle voulait être l’impétueuse reine, la magistrale enfant, celle que rien ne briserai, la force tranquille et si mortelle. La sueur n’avait aucune place sur son front, la fatigue ne devait pas contrôler son corps. « Feyne. Recommence. » articula-t-il, majestueux homme face à sa fille. Elle voulait crier qu’elle n’en pouvait plus, qu’elle ne voulait pas de ce don. Elle voulait quitter la pièce, fuir à grandes enjambées, retrouver les bras protecteurs de sa mère. Mais le regard froid de son père l’en empêchait. Alors elle serra les dents et, relevant le menton, rassembla toutes ses forces. « Vas-y. » le défia-t-elle, toute puissante qu’elle était. Il soutint son regard et sonda son âme. La douleur s’abattit sur la sorcière qui sua de plus belle devant ses efforts surhumains. Ses dents crissèrent, ses poings se resserrèrent. Ses phalanges devinrent blanches, ses ongles transpercèrent sa peau, faisant alors tomber quelques gouttes écarlates sur la table. Les souvenirs surgirent du néant de son cœur : elle se vit courir dans le parc de ses parents, taquiner prudemment son jeune frère. Elle se vit également protéger ce même enfant des foudres paternelles, foudres qu’elle affrontait en ce moment précis. Elle redoubla d’efforts, tenta de contrer l’intrusion de son père. Elle se vit, jeunette insouciante, parader dans les couloirs de l’école, son uniforme vert lui séant parfaitement. Elle se vit descendre l’allée vers Hector. Ses ongles s’enfoncèrent encore, le sang coula. Et, elle lâcha. Gabriel souffla, déçue par l’inaptitude de sa fille. Il recula, lui laissant le temps de reprendre les quelques forces qui lui restait. S’installant devant la grande fenêtre, il observait d’un œil distrait les jardins dans lesquels il venait de voir sa fille s’amuser. « J’y arriverai. » souffla-t-elle, éreintée. « Je te le promets, Papa, j’y arriverai. » Son regard clair fixait le dos du patriarche, douce enfant cherchant à obtenir l’approbation de son père. Quittant les jardins, le sorcier reporta son regard sur sa fille. Il fit quelques pas dans sa direction, s’installa sur la chaise à ses côtés. « Tu es une Ravenscal, maintenant. Mariée à Hector. Ton mari a des secrets, tu as des secrets. Jolie menteuse que tu es, tu dois également t’assurer que tes ennemis n’obtiendront ces secrets en aucun cas. » Elle acquiesça silencieusement. Elle comprenait. Se relevant, Gabriel déposa un baiser d’encouragement sur le front en sueur de sa princesse. Il reprit sa place, observa durant quelques secondes sa fille se préparer et attaqua de nouveau. Cette fois, Feyne fut plus résistante. Elle sentit les cadenas de son esprit se fermer un à un, les portes claquer au nez des intrusions de son père. Elle ne se laissa pas faire, fière lionne aux griffes acérées. Elle jubilait, elle y arrivait. Elle maitrisait l’occlumancie, elle entrait dans la cours des grands. Et, soudainement, une porte s’ouvrit. Elle se vit se balader dans le jardin des Ravenscal, Anselm à son bras. Elle lâcha, déception d’une fierté trop grande. Gabriel se retira, scrutant sa fille. Elle se dégoûtait d’elle-même. Elle y était presque, elle avait réussi à lui fermer les portes de son esprit. Et, pourtant, il était parvenu à entrer. Elle regardait au sol, fulminait sur son propre sort. Il s’approcha d’elle, puissant homme qu’il était. Aucune expression ne traversait son visage. Pas de dégoût, ni de déception. Pas de fierté non plus. « Tu y arriveras la prochaine fois. » lança-t-il. « Rentre chez toi t’occuper de tes enfants. » Nouveau baiser affectif sur les joues de sa fille, qu’il quitta sans un regard supplémentaire.

Le vêtement noir recouvrait le corps de la jeune femme. Sa longue chevelure d’or, d’habitude si belle, si chatoyante, si enviée, était d’un terne fade. Sa peau de porcelaine avait été laissée au naturel et ne se parait d’aucun artifice. Feyne se regarda dans le miroir, mais ne trouva pas son reflet. La femme qui lui faisait face n’avait rien à voir avec Lady Ravenscal, la vipère au sang empoisonné, la reine des épines. Elle était plus vieille, avait les traits tirés, le regard éteint. Elle était moins jolie, avait perdu la flamme dominatrice qui caractérisait la jeune femme. Il était impossible que cette femme-là soit la magnifique Feyne, Feyne l’impérieuse, la redoutable reine de l’ombre. Celle-là était juste… banale. Une simple sorcière dans une simple robe, loin de toutes les superficialités qui venaient avec le nom qu’elle portait. Ne pouvant supporter la vue que le miroir lui offrait alors, la sorcière détourna le regard. Celui-ci fit le tour de la pièce dans laquelle elle se trouvait : sa chambre. Leur chambre. Non, sa chambre. Elle était désormais seule, lui était loin - ou presque. Il l’avait quittée soudainement, sans un adieu. Il l’avait laissée là, dans un manoir froid et austère, entourée de leurs trois enfants et de sa belle-famille. Ravenscal, un nom qui ne lui appartenait pas mais qu’elle avait revêtu avec merveille et ravissement après leur mariage. Et, désormais, un nom qui ne voulait plus rien dire. Ravenscal, c’était son nom à lui. Sans lui, sans sa présence à ses côtés, cela ne rimait plus à rien. Son regard sombre se posa sur leur lit. D’un sourire triste, elle se rappela les longues nuits passées dans la couche conjugale, ses mains froides cherchant le réconfort auprès du corps de feu de son mari. Elle se souvint des baisers, torrides, diaboliques. Elle se remémora les caresses le long de sa peau pâle. Elle revit les nuits où, fâchés l’un contre l’autre, se tournaient le dos sans un mot. Feyne se rappela de leur nuit de noces, deux jeunes gens, à peine sortis de l’école et pourtant jetés dans la grande gueule de la vie. Ils étaient loin d’être innocents, ces lions. Ils avaient appris à s’apprivoiser l’un l’autre, Feyne la redoutable, Hector le puissant. Et ils étaient tombés amoureux l’un de l’autre, éperdument. Il était devenu son monde et, moins d’un an après leur cérémonie d’union, elle lui donnait un héritier. La sorcière finit par détourner le regard de leur alcôve, assaillie par des souvenirs trop douloureux. Parce que maintenant, il gisait, froid, sur le marbre. Et elle, pâle, portait le deuil.
Un bruit se fit entendre à la porte et, après qu’elle eut donné son consentement, une ouverture se fit. « C'est l'heure. » Toujours assise face au miroir, Feyne releva ses prunelles sur le nouveau venu. Anselm, ami de longues années. Anselm, frère de l’aimé. Elle lui sourit, autant que son cœur meurtri pouvait lui permettre - et entre les ténèbres et le chagrin, il n’y avait plus beaucoup de place pour ce genre de grimace. Il lui ressemblait tant, à l’exception qu’il se tenait devant elle, bien en chair. Hector, lui, n’avait plus cette chance. « Tu lui ressembles tant. » murmura-t-elle alors qu’elle le contemplait longuement. Même chevelure sombre, même allure princière, mêmes prunelles obscures. Il ne dit rien, baissa le regard. Lui aussi l’avait perdu. Ils souffraient tous. Feyne se leva, attrapa la dernière broche qu’il lui avait offerte. Verte, parfaite émeraude. La lionne l’accrocha à sa tenue, hommage égayant le tout. Effaçant d’un revers de la manche les larmes qui viendraient la gêner et ternir sa réputation, Feyne se dirigea vers son ami. Elle soupira, attrapa sa main. Il sourit, tentative vaine pour la réconforter. Les mots lui manquaient, que pouvait-il lui dire ? Il sera mieux à présent, il n’a pas souffert ? Mensonge, mensonge. Il avait vu son frère mourir sous ses yeux durant ce qui avait été de longues heures douloureuses et difficiles. Feyne avait été à ses côtés tout du long, s’interdisant de manger, de se reposer ou même de voir ses enfants tant que son aimé souffrait. Elle l’avait accompagné jusqu’à la fin, elle avait souffert avec lui. Elle avait regardé tout cela d’un œil impuissant, son cœur se meurtrissant à chaque nouveau cri que le malade poussait. Ils étaient encore jeunes, la vie devant eux. Il était mort, et elle avec lui. « Allons-y. » déclara-t-elle d’une voix froide, ses doigts liés à ceux de l’ombre du mort. Comment pouvait-elle espérer retrouver un quelconque semblable de paix, de tranquillité, alors qu’il avait expiré dans ses bras ?

Le vent soufflait dans les hauts arbres, balayant les larmes salées qui coulent sur les joues roses des gamines. Le parc du manoir des Ravenscal était rempli d’âmes en deuil, des sanglots berçant le triste évènement. Les trois enfants étaient placés devant, face au corps inanimé de leur père. Le garçon, noble héritier de la famille, affichait une expression impassible. Loin des siens, esprit échappé, il observait sans voir celui qui serait bientôt six pieds sous terre. Visage sec, aucune larme n’était venue l’abreuver. Parfaite petite statue de marbre, à l’image de sa mère, qui venait de faire son entrée. Au bras d’Anselm, elle remonta l’allée, trancha la foule d’amis réunis en ce jour sombre telle la reine qu’elle était. Tête haute, yeux fermes, elle ne broncha pas, même quand elle fit face au cadavre froid de celui qu’elle aima. Cependant, elle ne put s’empêcher de s’arrêter face à lui, de contempler une derrière fois l’homme qu’il était. Elle s’accrocha plus fermement à son beau-frère, invisible besoin de ne pas flancher. Elle voulait le voir, une dernière fois, graver son visage à jamais dans son esprit. Mais elle ne voulait plus pleurer, pas devant tout ces gens, la plupart inconnus ou inintéressants à ses yeux. Elle ne voulait pas flancher, ne voulait pas paraître faible ou indigne du nom qu’elle revêtait, même si elle était plus que brisée intérieurement. Elle n’avait pas eu le temps de se préparer au départ de son conjoint, elle ne pensait pas devenir veuve si jeune. La trentaine encore loin, et voilà qu’elle se retrouvait seule, abandonnée, fracassée. Anselm resserra son étreinte, sentant le besoin de soutien, l’appel à l’aide muet de sa belle-sœur. « Je suis là. » lui murmura-t-il, alors qu’elle combattait ses vieux démons, leur interdisant de verser le moindre sanglot sur son visage de chine. Feyne détourna le regard, n’en pouvant plus. L’homme allongé devant elle n’était pas celui qu’elle épousa, il y une dizaine d’années. Il était bien trop triste, bien trop immobile, bien trop froid… bien trop mort pour être celui qui partageait sa couche. La sorcière tourna les talons et se retrouva nez-à-nez à la foule de pleureurs. Elle se fichait d’eux, que faisaient-ils ici ? Hector était sien. Hector était le père de Maven, Cedrella et Oriane. Ces imbéciles clandestins n’avaient rien à faire ici, à souiller le glorieux manoir ancestral, à encrasser les derniers instants du patriarche Ravenscal. Elle les fixa, colère et rage mêlé dans son regard, et décida de ne pas tenir compte de ces trépasseurs. La reine des épines rejoint ses enfants, passant son bras autour de sa fille, baisant le front de son fils. Des éloges furent donnés au défunt, hommage touchant, vénération fausse. Les personnes défilèrent sous les yeux des autres, racontèrent leur meilleur souvenir en quelques mots. Feyne ne les écoutait pas. A l’exception de son Hector, tout était flou autour de la sorcière. L’horizon se mêlait au sol, le ciel plongeait six pieds sous terre, la cime des arbres embrassait ses racines. Les mots ne lui arrivaient pas entiers, étrange mélodie informe, affreuse hypocrisie. Elle détestait tous ces gens qui pensaient connaître son mari. Elle détestait les tons mielleux et endeuillés qu’ils employaient. Elle détestait le ciel d’être si bleu, et elle détestait tout autant le soleil de briller si clairement. Elle détestait les oiseaux de chanter. Elle détestait le corps froid qui reposait sur le marbre, interdit. Elle détestait le regard éteint de celui qui, il y a à peine quelques jours, plantait encore des sulfureux baisers sur ses lèvres rouges. Elle détestait la mort qui lui avait pris le soleil de ses jours. Elle détestait la vie pour lui avoir enlevé sa lune éclatante. Elle détestait Hector de l’avoir abandonnée. Elle aimait Hector pour toutes les années qui lui avaient offertes. Elle aimait Hector d’aimer ce cœur imprenable. Elle l’aimait de lui avoir donné trois enfants, en plus d’un nom et d’un toit. Elle l’aimait pour son rire et ses yeux sombres. Elle l’aimait pour sa dévotion et son ambition. Elle l’aimait pour tout ce qu’il était, à l’exception qu’il n’était plus.
On se tut, multiples regards fixés sur le corps du triste défunt. Des sanglots retentissaient ça et là, principalement de la petite gamine qui ne comprenait jamais rien à ce que sa mère lui disait. Soyez impassible, leur avait-elle appris autrefois, ne montrez aucun signe de faiblesse. Même quand votre monde s’écroule, que vous mourrez à petits feux et que vous êtes incertains quant à l’avenir : ne montrez aucun signe de faiblesse. Mais en jour-là, Feyne enviait sa jeune fille. Elle aurait aimé pouvoir balancer ses leçons au feu, oubliait la faiblesse et ses ennemis présents. Elle aurait aimé pouvoir pleurer son mari comme Oriane pleurait son père. Et, sous le silence assourdissant de la cérémonie, le corps d’Hector prit feu. Les flammes montèrent jusqu’aux cieux, et bien plus encore, avant de laisser place à une pierre tombale d’albâtre où étaient gravés les précieux noms de celui qui était encore, il y a quelques jours à peine. « Adieu, » murmura la veuve. « Jamais je n'aimerai quelqu'un comme je t'ai aimé. » Les autres se levèrent, indiscrets parasites. Ne resta que la famille Ravenscal, femme, enfants, frère et nièces du puissant patriarche. Ils partirent aussi, à l’exception des deux amis. Feyne ne bougeait pas. Elle n’était plus là. Loin, précieusement au chaud, dans leurs souvenirs communs. Anselm vint s’asseoir avec elle, ne la brusqua pas. Ne lui parla pas. Mais il la prit dans ses bras, forteresse imparable contre les aléas de la vie. Et elle se plongea contre lui, petite fille à réconforter. Et elle pleura. Elle pleura de l’eau, elle pleura du feu. Elle pleura tout ce qui était en elle, et plus encore. Elle pleura toutes ses années qu’ils eurent ensemble, et toutes celles qu’ils n’auront jamais. Elle pleura sa vie à elle, et elle pleura sa mort à lui, là, blottie dans les bras de son ombre. Comment pourrait-elle oublier un jour Hector alors qu’elle l’avait tant aimé ? Comment pourrait-elle l’oublier alors que sa copie conforme se promenait sous son nez?


Dernière édition par Feyne Ravenscal le Lun 1 Mai - 11:36, édité 1 fois
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Feyne Ravenscal

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MessageSujet: Re: FEYNE // mighty viper   Lun 1 Mai - 11:35

- if you wanna fight, i’ll stand right beside you. the day that you fall, i’ll be right behind you to pick up the pieces, if you don’t believe me: just look into my eyes, ‘cause the heart never lies. -



La brune était assise dans le fauteuil pourpre, face à l’âtre de la cheminée. Sa broderie sur les genoux, elle s’appliquait minutieusement à son travail. Noirs, ses cheveux étaient, noirs comme la cendre, les plumes de corbeaux, comme les ténèbres. Ses yeux étaient d’une couleur indescriptible, transperçant l’âme des autres comme son aiguille transperçait le tissu. Evangeline était d’une beauté froide, glaciale, ténébreuse. Sa peau pâle contrastait avec l’ébène de sa crinière, de sa tenue. Elle mince, élancée, pas forcément gracieuse. Le contraire même de sa belle-sœur. Feyne, elle était tout dans la lumière, rayon de soleil parmi les ténèbres. Evangeline était les ténèbres. Et pourtant, leurs cœurs étaient aussi pourris l’un que l’autre. Greengrass et Rosier, deux reines étrangères. Deux reines noires, s’affrontant pour la place unique de l’échiquier. Elles se méprisaient, ne s’aimaient clairement pas. Heureusement pour Feyne, elle excellait aux échecs, ayant autrefois fait partie du club d’échecs de Poudlard. Mais la question restait la même depuis des années : qui gagnerait la partie ?
Feyne était assise à la grande table, un livre sous le nez. La nuit était tombée depuis quelques heures déjà, la lune illuminait le grand parc du manoir et ses rayons filtraient à travers les grandes baies vitrées, donnant un air spectral à la pièce. Des bougies brillaient ici et là, éclairant les deux belles-sœurs, aussi silencieuses l’une que l’autre. Seul le bruit du bois qui claquait au milieu des redoutables flammes alimentait la conversation. Anselm était déjà monté, laissant sa femme et son amie à la merci de l’autre. Mais la bataille n’était pas pour ce soir, les deux femmes préférant s’ignorer royalement, l’une trop occupée par son aiguille et les dessins qu’elle formait, l’autre perdue dans les lignes de son livre. Et, soudainement, venant troubler le calme silence, des cris, des pas, des portes qui claquent. Feyne se releva immédiatement, reconnaissant les appels à l’aide de ses enfants. Elle sortie en trombe dans le couloir, cherchant à rejoindre sa progéniture, Evangeline sur les talons. Elles les trouvèrent au détour d’un couloir, Maven en tête, Oriane en pleurs. Et Cedrella, joyau de la reine, écho de celle qu’elle fut autrefois, Cedrella était inconsciente dans les bras de son frère. « Que s’est-il passé ? » hurla la reine noire. Les pleurs de la gamine retentissent de plus belle, son frère reste de marbre. Elle le regarde de toute sa hauteur, de toute sa majesté. Parle, enfant, lui intimait-elle. Le gamin, si semblable à celui qui fut son père, s’avança d’un pas, sa sœur ballotant entre ses bras. « Cissy est blessée. » Quittant du regard le visage de son fils, elle le reporta sur la silhouette de sa fille. Cedrella, qui était de loin la plus résistante des deux filles, semblait désormais si fragile, si faible. « Va chercher ton époux. Nous aurons besoin de lui. » ordonna-t-elle à sa terrible belle-sœur, tapie dans l’ombre, qui ne se le fit pas dire deux fois. Autant Evangeline méprisait celle qui occupait désormais le rôle de matriarche de la famille, autant elle se souciait de ceux qui étaient sa famille. Disparaissant dans l’ombre, elle laissa la mère gérait ses enfants et leurs problèmes. Feyne souffla, inquiète du sort de sa fille, inquiète de savoir ce que ses rejetons faisaient dehors à cette heure-ci, en colère qu’ils lui aient désobéis, énervée que son fils lui tienne tête. Elle fit venir un domestique qui, sans un mot, entraîna la princesse au loin. Sa Cedrella était brûlée, sa beauté amenuisait. Elle rageait, Feyne, brûlait de milles flammes. On avait osé toucher à ses enfants. On avait osé leur faire du mal, à eux, la chair de sa chair, les joyaux de sa précieuse couronne. Quiconque avait osé s’en prendre à sa princesse allait en payer le regrettable prix.

Sa princesse était allongée dans le grand lit, vulnérable enfant au soin de son oncle. Feyne était à l’autre bout de la pièce, ne pouvant séparer son regard du précieux corps de sa fille. Elle ne bougeait pas, trop inquiète pour faire le moindre mouvement. La reine savait sa progéniture hors de danger, mais quelles seraient les conséquences que la gamine aurait à porter ? Elle se rongeait le sang, ne comprenant toujours pas comment cet incident avait pu se produire. La dernière fois qu’elle avait vérifié, ses trois enfants étaient confortablement installés dans leurs lits royaux, loin des dangers de la nuit ténébreuse. Elle aurait dû savoir, la majestueuse lionne, que ses lionceaux étaient en danger. Elle aurait dû le sentir, la douce mère, que quelque chose n’allait pas. Cela faisait-il d’elle une mauvaise mère ? Anselm, sentant la tension qui s’accumulait autour de son amie, se leva et vint la rejoindre. « Cedrella ira bien, ne t’en fais pas. » Il posa une main sur le bras de la reine, valeureux chevalier, noble protecteur. Feyne étouffa un sanglot, honteuse mère, lionne alarmée. Elle ne pouvait quitter sa princesse du regard. Si elle le faisait, Merlin seul savait quels malheurs s’abattraient encore sur la jeune sorcière. « Feyne. » Il l’appela à la raison, tenta de la raisonner par son seul nom. Il déposa ses deux mains sur les épaules de sa belle-sœur, essaya de capter son regard. Anselm avait toujours été là pour elle, depuis sa première année à Poudlard, au récent accident de sa nièce. Il avait été l’ombre de Feyne durant tant d’année, conseiller et protecteur de confiance, cavalier de la reine noire. « Ta fille est désormais en sécurité. Alors arrête de t’en faire. » Une voix calme, posée, rassurante. Des bras forts, gardiens d’une âme chamboulée, vinrent s’enrouler autour de la vipère. La sorcière se logea dans l’enceinte familière, s’agrippant à ce qu’elle connaissait en ces temps mouvementés. Il lui rendit son étreinte, la serra fort, lui fit comprendre qu’il était là, tout près d’elle, comme toujours. La reine, après avoir profité un court instant de la forteresse de son beau-frère, tourna les talons, sortant de la chambre où reposait sa fille.
Elle se trouva face à deux autres gamins, si semblables à celle qu’elle venait de quitter, si semblable à celui qui les avait tous quittés l’an dernier. Maven s’avance vers sa mère, fier prince, héritier d’un lourd patrimoine. Elle est si fière de lui, de son petit monarque, du fruit de ses entrailles. Mais, en ce soir-là, c’était la princesse des flammes - sans mauvais jeu de mots - qui était au centre des préoccupations de la sorcière. « Je veux la vérité. » Sa voix claqua dans le silence froid du manoir. Elle regardait les deux enfants d’un œil sévère, noir, prête à obtenir ce qu’elle voulait. « Et Cissy ? » s’inquiéta le fils. « Ton oncle s'occupe d'elle, mais elle est faible... » Une voix plus douce, celle d’une mère qui s’inquiète pour le bien-être de ses enfants. Mais la reine repris la place sur la mère. « Que s'est il passé !? » Nouvelle chance de lui avouer, sûrement la dernière, Feyne étant loin d’être patiente. « Oriane. » Ça ne pouvait être qu’elle, la geignarde, l’illusionnée, celle qui méritait le moins le nom de son brave père. Le regard noir, elle scrutait sévèrement sa plus jeune enfant, espérant qu’elle craque, qu’elle avoue ses fautes. L’enfant sécha ses larmes d’un revers de la main, s’apprêtant à parler. Victoire pour la reine. « C'est moi. » Voix inattendue, plus masculine que ce qu’elle espérait. L’attention de la vipère se reposa sur l’héritier, surprise de cette révélation. « C'est ma faute. Je suis parti dans les bois pour m'entraîner pour lancer des sorts avant d'entrer à l'école... Je sais que la Trace est là, mais je me suis dis que peut-être, ce n'était pas aussi puissant que ça. Les jumelles m'ont trouvé et Cissy m'a dit que tu ne serais pas contente. J'ai fanfaronné, comme toujours et je lui ai dis qu'elle était jalouse de moi. On s'est disputé et je l'ai brûlé avec la magie sans le vouloir. Je suis désolé. Vraiment. » Une vague de sentiments ébranlèrent l’impériale reine. Fierté de voir un fils travailler si dur. Déception que ce même fils ait désobéi à ses interdictions. Colère d’un enfant blessé. Elle sonda son visage de marbre, chercha une faille dans son histoire. Rien, vérité vraie ou mensonge bien ficelé, Feyne acheta ces révélations. Et, dans le silence affreux de l’immense demeure, la claque qu’elle lui asséna résonna entre les murs de pierre. « Tu me déçois, Gabriel. » Elle utilisa le second prénom de l’enfant, le nom de son digne père. Elle savait qu’il détestait le nom de son aïeul, elle utilisait cette haine pour appuyer sa déception. Elle ne désirait plus restait ici, ni auprès de sa fille, trop de déception, trop de douleurs. Alors la sorcière quitta la pièce, quitta le manoir, allant se réfugier auprès de son mari, ou du moins, ce qu’il en restait.

Ruines d’un château autrefois glorieux, à l’image de la reine qui commençait à se faire vieille. La quarantaine passée, les souvenirs de l’enfance désormais enfoui sous d’autres plus récents. Les rides qui commençaient à creuser leurs sillons dans le visage si pur de la sorcière. Elle vieillissait, le temps prenait emprise sur elle, elle détestait cela. Ses enfants étaient désormais grands, Hector enterré depuis bien longtemps, ses parents depuis bien plus longtemps. La vie se fanait peu à peu, les jeunes générations poussaient les plus vieilles vers le bord du ravin, les incitant à faire le grand pas. Mais Feyne n’avait pas dit son dernier mot. Elle était encore en vie, pleine d’énergie, pleins de désirs encore inachevés. « Et ici, la salle de réunion. » Voix masculine, familière. « La salle est assez grande, elle pourra accueillir du monde. » Autre voix, toute aussi familière. « Ça te convient, Feyne ? » Son nom la tira des méandres de ses pensées. Elle releva le menton, découvrit les deux hommes qui attendaient sa réponse. Anselm et Tibérias, ami et frère, l’un partageait son nom, l’autre son sang. Piliers de sa vie, membres de ses souvenirs, alliés au combat. Elle sourit, revint à la vie. « Oui, c’est bien. » La sorcière fit quelques pas, ses talons claquant contre les pierres ancestrales, elle s’appropria les lieux, maîtresse de famille qu’elle était. Le château n’était qu’une vulgaire construction ayant résisté au défoulement inlassable des siècles. Résistant, perdu au milieu de nulle part, n’ayant aucune affiliation avec aucun des trois : il était parfait pour leur projet. « Nous avons donc notre lieu. » fanfaronna le jeune Greengrass, frère aimé de la reine. Elle sourit tristement, oui, leur rêve venait enfin à la vie. La seule chose qu’il manquait, c’était lui, le véritable fondateur de tout cela, Hector. Mais Feyne avait travaillé durement pour que ses idées et ses désirs soient respectés, Anselm y tenait également. La femme fit quelques pas de plus, observa de nouveau les vieilles pierres qui l’entouraient. « J’annonce donc officiellement la création du Cercle d’Emeraude. » L’émeraude, favorite du défunt, aussi verte que les couleurs qui les avaient tous accueillis autrefois, dignes enfants de Salazar. L’émeraude, pierre qui ornait la broche de Feyne, dernier cadeau qu’il lui ait fait. Les deux hommes applaudirent, fierté masculine devant l’accomplissement d’un projet. « Nous commencerons petit. Ravenscal, Greengrass, quelques connaissances auxquels on peut réellement se fier. » Anselm avait repris les reines, prince de l’ombre, chevalier et second de la reine. « Personne ne devra parler du Cercle au-delà de ses murs. Pas même nous. Tout, absolument tout, doit rester entre ces murs. » Les deux autres acquiescèrent. Ils connaissaient les enjeux qui venaient avec cette société, les dangers si jamais on venait à découvrir ce qu’ils prévoyaient. « Et, un jour, on réussira. L’imposteur tombera. » déclara Tibérias, fermement, déterminé. Voldemort, aussi puissant soit-il, aussi ambitieux soit-il, ne pouvait régner sur le monde magique. Imposteur, charlatan, il n’était qu’un sang-mêlé après tout. Une ordure baignant dans l’héritage moldu. Les sang-purs, même les reniés et bannis, étaient au-dessus de cet être immonde. Feyne ne supportait pas cet être, lui qui se croyait surpuissant, immortel, imbattable. Il verra bien, il sera défait. Des coups de poignards, dans le dos. Des traîtres, dans ses propres rangs. Il se prend pour Caesar et, tel Caesar, il tombera. Et la reine veillera à être son beau Brutus.

La reine bouillait. Les flammes calciner férocement les entrailles de la sorcière. Elle était rouge, elle n’était plus que colère et rage, flammes dévastatrices. Anselm, derrière elle, semblait tout aussi désemparé qu’elle - quoi que plus modéré. Après tout, ce n’était pas sa fille qui avait mis les voiles. Evangeline, restée en-dehors du bureau de la matriarche, avait semblé fanfaronner lorsqu’elle avait apprise la nouvelle. Coup en sa faveur : elle n’était pas une mauvaise mère, elle, ses enfants ne fuyaient pas, eux. Un regard méprisant qui n’avait fait qu’alimenter les terribles flammes de la reine. L’elfe de maison, menue petite créature, se tenait au centre du bureau, le monstrueux regard noir de la matriarche le transperçait douloureusement. « Que veux-tu dire par ‘Oriane a disparue’ ? » La créature se tortillait, effrayée devant la grandeur majestueuse de la blonde, devant la folie enragée qui la contrôlait. « Parle, Monsy ! » Elle hurlait, elle voulait des réponses. Son poing frappa le bureau, manifestation de sa rage. « Parle ! » aboya-t-elle. Où était son enfant ? Comment avait-elle pu partir sans que personne ne s’en rende compte ? Comment avait-elle pu tourner le dos à son nom ? « Mademoiselle Oriane a quitté le manoir cette nuit, maîtresse… Bold l’elfe de maison était au courant mais Bold l’elfe de maison n’a rien dit, pas même à Monsy l’elfe de maison. » avoua-t-elle d’une petite voix. Feyne se plonge dans son fauteuil, le visage fermé. Elle n’ose croire que son enfant est partie. Elle n’ose croire que ce stupide elfe ait cru bon d’obéir à la gamine, plutôt que de venir en avertir la mère. « Où est-il ? Où est Bold ? » Anselm avait pris le relais, laissant sa belle-sœur fulminer les informations. « Calciné, maître. Monsieur Maven et Mademoiselle Cedrella s’en sont chargé lorsqu’ils ont découvert la fuite de leur sœur. » Nouvelle vague de flammes destructrices. Les enfants étaient au courant, ils savaient avant elle et pourtant, c’est de la bouche d’un vulgaire elfe de maison qu’elle apprend la chose. On lui tournait le dos, on reniait sa position au sein de la famille. Feyne était à la tête des Ravenscal, elle devait savoir ce qui se passait sous son toit avant tout le monde. Le temps qu’elle apprenne que sa cadette était partie, la gamine était déjà loin. Il aurait suffit que le stupide Bold, ou les téméraires enfants viennent l’avertir pour qu’elle puisse faire quelque chose, avant qu’il ne soit trop tard. Mais maintenant, Merlin seul savait où pouvait se trouver la princesse. Feyne souffla, tenta de se calmer. Que pouvait-elle faire ? Que devait-elle faire ? Anselm posa sa main sur l’épaule de sa reine, présence ancestrale, geste familier. « Je vais partir immédiatement. Je vais fouiller les horizons. » Elle ferma les yeux, cherchant à apaiser les flammes qui brûlaient en elle. « Je te ramènerai Oriane. » Détermination et loyauté se faisait entendre dans la voix du sorcier. Heureusement que la reine pouvait compter sur son fidèle chevalier. Sans lui, même elle ne saurait où elle se trouverait à cette heure-là. Elle attrapa la main de son ami, la serra doucement, geste de confiance, demande muette de faire attention à lui. Il l’embrassa chastement, finissant d’éteindre le feu enragé. Et il quitta la pièce, allure princière qui caractérisait tant les fils Ravenscal. Feyne se retrouva seule dans sa tour, la créature toujours présente, écrasée par le poids de la culpabilité. La reine lui jeta un regard noir, souffla. Elle considéra sa baguette avant d’y renoncer. Elle n’était pas d’humeur, pas même pour sacrifier cette incompétence. « Va-t-en. J’ai besoin d’être seule. » Une révérence, remerciement d’avoir été si clémente et, sans se faire prier, Monsy quitta le majestueux bureau, laissant la reine seule à fulminer ses récents échecs.
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FEYNE // mighty viper

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